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The Elephant Chaser’s Daughter

  • Writer: Maeva Doumbia
    Maeva Doumbia
  • Jun 6, 2021
  • 4 min read

Elle s’appelle Shilpa Anthony Raj. Elle est née dans le village de Thagaguppe en Inde. Elle est de la caste des « Intouchables ». Ces damnés de la sombre répartition des Hommes selon le système des castes en Inde. Dans son village comme dans des milliers d’autres dans ce pays, la vie suit une routine bien huilée. Les filles, si elles ne sont pas tuées à la naissance juste parce qu’elles sont des filles, ne mettent pas pied dans une école. Si elles ont la chance d’y aller, leur séjour n’est que de courte durée. Il faut qu’elles aident la famille et qu’elles se marient au plus tôt.


Le poids est deux fois plus lourd lorsqu’on est une « Intouchable ». Homme ou femme, faire partie de cette caste et pire, être extrêmement pauvre est synonyme d’innombrables discriminations. En dépit de toutes les circonstances lui prédisant clairement un destin égal ou pire que celui de ses semblables, Shilpa a connu un sort imprévisible, au-delà de toutes les attentes.


J’ai découvert le livre « The Elephant Chaser’s Daughter » après avoir fait des recherches sur la vie des protagonistes principales de la série-documentaire « Daughters of Destiny » sur Netflix. Je suis tombée dès le premier épisode, en admiration totale devant le travail titanesque du Dr. Abraham George. Après avoir servi dans l’armée indienne, Dr George est allé poursuivre ses études aux États-Unis où il a développé une entreprise qui a fait de lui un millionnaire. Fort de son succès, il décide de revenir chez lui en Inde où il établit dans la fin des années 1990, un havre de paix, « Shanti Bhavan ». Cet établissement est une école qui a pour mission d’aller chercher dans les villages reculés, les enfants défavorisés – de la caste des Intouchables en majorité – et leur donner une éducation de haute qualité.


Shanti Bhavan instruit ces enfants, les nourrit, les loge et les soigne gratuitement jusqu’à la fin du cursus scolaire indien. Par la suite, ils intègrent universités, grandes écoles ou académies pour poursuivre leur études et plans de carrière. L’objectif est de leur offrir la possibilité de changer leur vie et celles de leurs familles.


Le documentaire sur Netflix montre en particulier le parcours de cinq filles.



  • Manjula. Elle vivait avec sa mère divorcée qui peinait à les faire vivre. Manjula est aujourd’hui infirmière dans le département obstétrique d’une grande clinique. La sagesse qui l’habite, son focus sur sa réussite marquent vivement.


  • Karthika. Cette fille – comme les autres – est un véritable modèle de persévérance et d’acharnement au travail. Son père a été tué dans un guet-apens lorsqu’il allait chercher de quoi faire sortir sa femme et leur nouveau-né de l’hôpital. C’est vraisemblablement un crime d’honneur puisque sa famille n’a jamais accepté son mariage avec la mère de Karthika. Cette brillante jeune femme est aujourd’hui avocate et a emmené sa mère qui trimait à casser des pierres chaque jour sous un soleil ardu pour survivre, à vivre avec elle en ville.


  • Preetha. Une étoile montante du monde artistique. Elle suit avec ardeur sa passion pour la musique malgré le décès de son père des suites de complications liées à sa consommation d’alcool difficile à surmonter.


  • Thenmozhi. Une bouille d’énergie, une petite qu’on ne peut qu’aimer à l’instant où la vois. Son père s’est suicidé après avoir souffert d’une dépression causée par les dettes qu’il n’arrivait pas à payer. Thenmozhi poursuit encore pour quelques années son cursus à Shanti Bhavan. On ne peut que lui souhaiter un avenir radieux.




  • Enfin Shilpa. L’histoire de sa vie dans son mémoire autobiographique est absolument à lire. Elle la décrit dans la plus grande sincérité. Ce livre est cru d’honnêteté. Devant la cruauté des traitements reçus sur la seule base de leur appartenance à la caste des Intouchables, les batailles contre ses propres erreurs et démons, la peur de voir son nouveau monde si fragile s’écrouler, l’œil ne peut s’empêcher de verser des larmes. Shilpa ne se victimise pas dans ce mémoire. Elle raconte l’histoire de sa naissance, de sa rencontre avec l’équipe de Shanti Bhavan et son arrivée dans cette école. Elle y raconte les drames familiaux. L’alcoolisme de son grand-père et son père. Les états d’âmes volatiles de sa mère et sa grand-mère, la tentative avortée à temps de son mariage avec son propre oncle, l’extrême pauvreté et l’enfer dans lequel elle peut mener et la mort tragique de sa sœur en plein début d’adolescence. Sa sœur qui s’est enfuie avec sa mère et deux hommes qui leur promettaient une vie de rêve, est morte dans des circonstances qui restent floues jusqu’à ce jour. La mort de sa sœur, la culpabilité qui l’a longtemps rongée, le désir de repentance face à cela sont des éléments qui l’ont poussée à faire des études en psychologie clinique spécialisée dans les cas des enfants. Elle poursuit son doctorat dans ce domaine et se bat avec ferveur pour que soient adressées les questions de santé mentale et d'égalité sociale.

Il devrait y avoir plus de Dr. George dans le monde. Son initiative est extraordinaire et voir le beau parcours de ces enfants et les brillantes carrières qu’ils arrivent à construire n’a pas de prix. Les aider à avoir une voix, un droit à la vie, sortir leurs familles et communautés de la pauvreté est le sacerdoce de sa vie; et quelle belle mission !


Je termine avec trois points :

  1. Regardez Daughters of Destiny.

  2. Lisez The Elephant Chaser’s Daughter.

  3. Visitez le site web de Shanti Bhavan et apportez si possible votre aide.



1 Comment


iyouattara
Jun 06, 2021

You are best ❤️

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